Challenge pour 40 millions de salaire du député qui trahit le Hirak.

Hirak et législatives 12 juin 2021

Il est illusoire de croire qu’un député aille siéger pour régler les aléas de la cité. Les Algériens n’ont pas eu à évaluer les programmes des prétendants et aucun débat n’a été tenu pour assouvir la curiosité des électeurs. Troisième vote après la chute de Bouteflika, mais aucun n’est crédible. Il est indéniable que ces opérations administratives décisives ont effet sur l’avenir du pays, mais le public les boude.

Le spectre de l’abstention, aux législatives algériennes du 12 juin, inquiète les responsables politiques qui tentent de réussir un vote clientéliste à plus d’un titre. Et aussi il tient à cœur qu’il soit suivi, par les militants contestataires du Hirak. Une dialectique qui combine des éléments antagoniques, peut faire une société. Ces contradictions ne verrouillent pas le bon programme, elles permettent de le percevoir.

L’état dans lequel est le paysage associatif et politique augure que la nature du pouvoir refoule ce principe déchirant, car l’ancien résiste au nouveau. Depuis 1988, l’écartement des énergies sincères et des progressistes expérimentés a fondé un terrain propice aux aventuriers et aux opportunistes. L’antique système idéologique encore aux affaires est encore plus ancré que jamais.

Avec A. Tebboune, un cacique de la bureaucratie compromise dans la décadence, nous avons un chef de l’exécutif gouvernemental qui lit du mot « Pyrénées » une étymologie criarde de médiocrité l’associant au mot burnous. Puisque l’exclusion est encore plus forte, ce duo de fourbes dirige. Même la justice est mobilisée pour persécuter des citoyens avides d’expressions démocratiques.

La frilosité idéologique qui habite les citoyens a maintenu des démagogues au nationalisme corrompu et incompétent. Sa versatilité a, pendant plus d’un demi-siècle, permis de ne plus sécuriser le pays avec l’islam de la cruauté. Le rôle des partis qui militent encore contre la France, pour néocolonialisme, sont fortifiés d’une haine obscurantiste.

Les tenants du pouvoir accusent les cercles persistants et récalcitrants du Hirak d’être animés d’une volonté de déstabilisation du pays. La situation actuelle empruntant à un exemple frappant de voie de pourrissement. Les deux parties s’opposent ouvertement. Séparément elles s’expriment les unes avec les médias publics et les autres sur les réseaux du Web…

La constance d’un pacifique Hirak agace les adeptes du discours du chaos. Les islamistes qui rêvent du djihad n’ont pu réhabiliter le ténébreux FIS en dépit de la mobilisation des tenants de Sant-Egidio et d’une armada de flibustiers. Et les clans régionalistes ont été mis dans le menu du projet sociétal que la revendication collective appréhenda en sectaire découpage administratif pourtant légal et judicieux.

Le soixantième anniversaire de l’indépendance, le 5 juillet et les législatives du 12 juin, l’Algérie vit la énième mutation d’un système qui ne se démène de son apparence immuable. Et où les militaires avec une classe de privilégiés confisquent l’avenir d’un pays qui ne manque pourtant ni de richesses naturelles ni de potentialités humaines.

Lisez El-Djeich.