Autorisation de manifester fera violences pour non-respect de ce préalable.

Alors que les manifestations se sont gonflées en nombre de participants constaté lors du 116é vendredi, du 7 mai 2021, le ministère de l’intérieur a émis un communiqué d’interdiction des marches non-autorisées. La mesure compte mettre fin au Hirak qui est plus raffermi, mieux organisé et plus décidé qu’à ses débuts. La réforme des élites, demandée par la jeunesse avide d’un meilleur avenir, n’a pas encore abouti, en dépit de la destitution du dernier despote de la légitimité historique. Cette restriction compte lâcher les forces de l’ordre pour la répression !

Nous avons titré notre article sur la manifestation pour les droits sociaux des pompiers à Alger, que les services d’ordre et de sécurité ont testé les outils de répression envers les occupations des rues par des marches de protestation. La seconde étape est arrivée, les autorités exigent des autorisations pour ces sorties hebdomadaires.

Alors que des mercenaires affidés aux décideurs contestés l’accuse d’être un complot ourdi depuis des pays hostiles, tombe une nouvelle tentative de limiter le droit à l’expression, pour une société longtemps muselée. Les autorités ont émis, par le biais du ministère de l’intérieur et sous une forme d’avertissement anonyme et non signé, un communiqué pour exiger des autorisations aux manifestations. Cette réglementation existait déjà et a été longtemps mise en berne. Elle a permis, par le passé, de réduire les libertés d’expression collective. Et les services d’ordre refoulaient le public et le faisaient taire rapidement quand ils minoritaires.

Si la population l’avait respectée en 2019, Bouteflika serait encore au palais d’El-Mouradiya et son règne aurait, même en étant aphasique, encore perduré à ce jour. Toutes les constitutions et lois préconisaient ces consentements préalables, en vue de gérer convenablement la vie collective en cité. Cette norme a été reproduite plus vigoureusement par le dernier amendement, de novembre 2019, de la première loi. Elle-même votée à la rescousse, avec moins de 25 % des voix, sur le total des votants inscrits. 

Les protestations du Hirak qui se tiennent deux fois par semaine, le mardi pour les étudiants et le vendredi avec une la masse populaire, sont visé par le rappel de cette mesure qui est constitutionnelle. Mais si elle a été respectée, les choses n’auraient pas bougées, y compris en 1988 à l’époque où le parti unique a créé les pires disparités en favorisant la médiocrité et les corruptions.

Avec la pire des hypocrisies que connait le peuple algérien, Tebboune a publiquement vénéré les protestations, car le moment de renouveau national avait sonné, d’ailleurs contre même les corporations desquelles il a accédé au pouvoir. Il a offert un dialogue avec le mouvement, mais comme il était visé, ces pourparlers ne pouvaient se tenir.

Depuis le débuts les forces de sécurité ont arrêté des manifestants, d’une manière sélective, suscitant les critiques des organisations de défense des droits. Ces pratiques restent encore à ce jour, d’interner certains et de donner libre parole et les médias publics à d’autres. Des partis sont harcelés, comme le MDS, son congrès a été interdit, et le RCD ses dirigeants malmenés.

Ces restrictions sont proclamées avant les élections législatives anticipées, fixées pour le 12 juin. Echéance qui ne tient pas à cœur les animateurs le mouvement dit « Hirak ». Le président a été élu en décembre 2019, lors d’un semblable vote boycotté par les protestataires. Le prochain scrutin est promis pour être transparent et sans truquage. Or, l’actuel raïs a accédé avec un bourrage incontrôlé des urnes, augmentant les suffrages exprimés de 13% à 39%.

Le besoin d’interdire les marches du Hirak est avéré depuis même leur début, quand certains pensaient que le nain de taille qu’est Bouteflika était aussi un géant monumental de la mémoire et des tuteurs historiques sur la société. Les slogans criés disent : « Tebboune est ramené par l’armée, il n’a pas de légitimité et c’est le peuple qui décide… »

Cette mesure oblige les organisateurs à donner des informations à l’avance avant les manifestations, sur les initiateurs et les itinéraires. Choses incroyables, car on sait que la justice est manipulée contre précisément tous les manifestants.

Justement ceux sont accusés de porter atteinte à la sécurité de la nation autres subterfuges autocratiques des plus intenables et crédules, sont simplement arrêtés lors des marches qui se tiennent à travers plusieurs villes du pays. Ce qui signifie aussi, donc de désigner des individus précis comme étant formellement responsables d’un mouvement de protestation connu jusqu’ici sans chef.

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