Réseau Wassila demande de rendre Saïd Chetouan à sa famille.

L’une des pires violences commises par les sbires de la dévergondée justice qui réprime les manifestants en Algérie, est celle de s’en prendre aux jeunes avides de s’assurer que leur destin ne sera pas sombre. Telle que l’était l’existence récente de leurs prédécesseurs citoyens d’un pays livré à l’incompétence et à la corruption maffieuse, la catégorie juvénile n’en veut pas. Mais les bureaucrates que mène Mr. Tebboune pour perpétuer la prédation et la décadence, font de la justice un service de réprimande manié par les despotes…

L’Association contre les violences faites aux femmes et aux enfants, plus connue sous l’appellation de « Réseau Wassila » parce que c’est plus une fédération de divers organismes et collectifs associatifs, écrit, sous la plume de sa présidente, une lettre afin de restituer un enfant de 15 ans à ses parents. Lequel est isolé de sa mère, parce membre actif du Hirak. Le mouvement de contestation populaire qui exige la réforme des élites qui dirigent, depuis même l’indépendance, le pays, sans lui donner la moindre émergence, mobilise beaucoup de jeunes.

Le 26 avril dernier, Saïd Chetouan, une juvénile figure de proue des manifestations de la capitale qui se tiennent le mardi par les étudiants et le vendredi par la population, a été placé dans un centre, situé à Bordj-Bou-Arreridj par éloignement judiciaire. L’établissement qui l’accueille est censé être de protection de l’enfance. Un juge des mineurs du tribunal de Sidi M’hamed d’Alger, dont la terreur n’est plus à démontrer, a ordonné cet isolement.

L’adolescent a été appréhendé le samedi 3 avril à Bab el Oued, le fameux quartier de la capitale, alors qu’une marche allait commencer. A l’issue de son arrestation, il a affirmé dans une séquence vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, avoir fait l’objet d’ « attouchements sexuels ». Il n’est pas le seul à se plaindre de ces comportements sadiques et d’atteinte à la dignité humain.

Dans le courrier signé par Fadéla Boumendjel-Chitour, la nièce d’Ali Boumendjel, l’avocat récemment reconnu avoir été tué par la soldatesque coloniale, est adressé à la déléguée à l’Organe de protection de l’enfance, en termes clairs. Le message est apparu sur la page Facebook, du Réseau Wassila/Avife, Association de Lutte contre les Violences faites aux Femmes et Enfants.

L’éloquent passage, « Cet enfant doit d’abord être pris en charge pour résorber son traumatisme, quand on sait toutes les conséquences physiques et mentales sur son avenir. La seule solution trouvée a été de le séparer de son milieu en le plaçant dans un centre à des centaines de kilomètres », est une dénonciation sans recours de l’incompétence des décideurs.

Le Réseau Wassila, souligne : « cet enfant a plus que jamais besoin de sa mère » et que « … doit être notre préoccupation centrale dans cette affaire ». Et considère que « ce mineur de 15 ans n’a commis aucun acte répréhensible qui fasse de lui un délinquant et qui peut justifier qu’il ait été retiré à sa famille… ».

La mobilisation et l’intéressement de l’opinion algérienne à la situation de ce jeune activiste relate l’ampleur de la répression à laquelle se livrent les autorités contre les militants qui portent le mouvement « Hirak ». La justice appelée du « téléphone », c’est-à-dire obéissant aux injonctions de la tutelle, pour punir ou relaxer les justiciables selon des critères de népotisme démontre aussi à quel point sont dévoyées les institutions en Algérie.

Les kidnappings des militants, des politiques, des journalistes et des jeunes du Hirak, est monnaie courante en Algérie. Ils sont généralement effectués par les policiers. Des opérations qui ont pour but de juguler le mouvement des manifestations quasi répétées et incessantes. Voilà le cas d’isolement arbitraire de Saïd Chetouane, éloigné de sa mère et de sa famille, sans moindre respect des droits de l’enfance.

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