Discrédit de l’armée contre les salariés, erreur politique hostiles aux vulnérables.

Qui est responsable de la politisation à outrance de l’ANP (armée nationale populaire) en Algérie ? Il était admis et même revendiqué que l’institution militaire bloque le fascisme islamiste, la gabegie de son homme Chadli et la destitution des assoiffés de pouvoir comme Ali Kefi ou Bouteflika. C’étaient même des missions de salubrité publique de sauver les meubles de l’incendie.

Mais que « l’héritière de la glorieuse ALN (Armée de Libération Nationale) » soit contre la revendication populaire, pour perpétuer le système de la bureaucratie qui distribue la rente exclusivement aux généraux et leurs progénitures, les choses diffèrent. En effet, à lire le dernier éditorial de la revue « El-Djeich », un certain Ghedjati a encore frappé, insultant encore une fois les militants et l’intelligentsia, dans un texte au vitriol.  

Alors que s’amplifient les criminalisations des militants du Hirak qui aspirent à la réforme des incompétentes et corrompues élites qui s’accaparent la rente et les centres de décision en Algérie, l’armée persiste à démarcher pour le maintien du statu quo. Le cap des législatives de juin prochain, échéance programmatique déjà à quelques semaines est aussi un vecteur de la continuité de la décadence.

Les salaires en Algérie sont à l’image de la gouvernance qui a ruiné ce pays. Les organisateurs de ce prochain vote ne peuvent désavouer que les revenus des députés fassent entre 15 et 20 fois un SMIG (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti), d’ailleurs sans cette offre « de super-salaire » le vote attendu, comme une fuite en avant, n’aurait aucun attrait et ne ferait point de candidat.

En effet s’en prendre aux syndicats et aux revendications salariales est un acte irresponsable de la part des militaires et de leurs scribes. La situation sociale, à laquelle d’ailleurs le chef des armées qui est le chef de l’Etat vient d’appeler au dialogue entre les acteurs de la scène agitée, est lamentable. La paupérisation galopante, due à la pandémie et la chute du prix du pétrole, n’est visiblement pas perçue par ces sphères agissant tel Narcisse !

En la connivence avec les auxiliaires dans les rouages de l’administration, l’armée adhère à sa terrible réalité. Il n’y a pas de justificatifs pour croire à une atteinte à la stabilité de l’Algérie ou une opposition aux législatives des manifestations et surtout des travailleurs. C’est même illégal ! Et c’est mieux si l’armée se fait le devoir d’aider les syndicats et le mouvement Hirak.

En plein mois de ramadan les prix flambent, la pénurie des produits sensibles et les difficultés de l’indisponibilité de la monnaie depuis des mois, ont coûté au ministre de la poste son limogeage… Mais « … la vérité pour éclairer l’opinion publique sur des événements qui se déroulent dans notre pays… » dit « El-Djeich » est « une déstabilisation » en marche…

En concluant ainsi : « Les masques sont tombés, la vérité a jailli au grand jour sur les intentions et les plans malsains qui guettent notre cher pays, mais l’Algérie des Chouhada reste forte, sûre, majestueuse et tenace face à tous les comploteurs. », l’éditorial s’inscrit contre les couches populaires et les travailleurs. C’est inéluctablement, l’Histoire retiendra un tel déshonneur qui abîme l’armée que la sauve de la vindicte.  

Le rôle de l’armée qui a été dernièrement précisé, par le chef d’état-major et adjoint du ministre de la défense, le général Chengriha, en matière de politique, vient d’être démenti. Et plus gravement, le discours de cet édito s’est placé contre les salariés, en associant les grèves et les manifestations, comme un geste pour s’opposer aux prochaines législatives.

Or ce n’est guère le cas et la situation. Juste des actions sociales pour les conditions de vie des plus vulnérables, chômeurs et salariés, qui depuis des années vivent des misères, quand des prédateurs s’enrichissent. C’est même l’antipode de la vision d’une armée proche du peuple !

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