Grève et manifestations des pompiers à Alger.

La répression de la manifestation des pompiers, fait un test sur la foule.

La marche organisée par des pompiers, au lendemain de la fête internationale, le dimanche 2 mai 2021 à Alger a été sévèrement réprimée par les services de sécurité. Ils étaient quelques centaines à subir l’effet du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc. Non létales, ces armes ont été tirées sur les manifestants pour les disperser. Mais la résistance est plus grande, car des salariés bien décidés. Leur utilisation est un essai sur les foules dont la parole est libérée depuis plus deux années à travers le Hirak.

Les agents de la Protection civile ont plusieurs doléances. Ils réclament le versement de la prime Covid-19. Nombreux ont été contaminés ou victimes de la maladie et de ses formes les plus graves. Leur action qui date de quelques jours est bien précisément sociale. Ils demandent de leur tutelle, qui est le ministère de l’Intérieur, où leur corps a sa propre « Direction Générale de la Protection Civile », un statut particulier.

Le législateur algérien qui est l’élu de l’assemblée nationale est aussi le plus médiocre de tous, avec un salaire faramineux, donc ils ne peuvent compter accéder à cette revendication, notamment promptement. Il y a aussi la révision des catégories de reclassement qui est en retard, ni à jour. Le code du travail en Algérie fixe à 40 heures hebdomadaires, ils exigent des indemnités financières pour 80 heures travaillées par semaine.

Cette grève que nous avons cité dans notre précédent sujet, est étalée au niveau national et entamée dès le 18 avril dernier, commençant avec des sit-in devant les sièges de leurs directions respectives au niveau des wilayas. D’une précision redoutable, leur plateforme de revendication avait quatre points : hausse du salaire de base de 15 660 à 24 000 DA, relèvement de la valeur de point indiciaire de 45 à 90 DA, annulation de l’impôt sur le revenu (IRG dont bénéficie déjà d’autres corporations) et augmentation de la prime de rendement à 40%.

Ironie du sort, il s’adressaient aux hautes autorités du pays, ces manifestants ont marché de la Place du 1er Mai jusqu’à El-Mouradiya, où se trouvent le Palais présidentiel ainsi le siège de leur direction générale. L’intervention des agents anti-émeute relavant de la police, a été musclée. Ce qui a provoqué plusieurs blessés parmi surtout les participants des pompiers.

Au commencement, les agents chargés de l’ordre ont tenté de les bloquer dès le début. Puis ils leur font barrage à la station de bus Aïssat Idir. Mais décidés, un noyau fort a pris la direction d’El-Mouradiya. Devant cette détermination à mener à bout leur marche, les agents de la police ont utilisé leur arsenaux anti-émeutes. Selon différents témoignages et autres contenus diffusés sur les réseaux sociaux du Web, plusieurs agents des protestataires ont été blessés.

Pour donner de la teneur à leur appel collectif, ils sont majoritairement vêtus de leur uniforme de pompiers. Ils ont scandé des slogans en rapport avec leurs revendications socioprofessionnelles. Mais aussi comme le Hirak, ils ont crié « Silmiya » : « Pacifique ! Pacifique ! Nos revendications sont légitimes ». Une fois que les contestataires sont arrivés au niveau de l’hôtel El Djazaïr (ex-Saint-Georges), la police a usé du gaz lacrymogène pour les empêcher de se diriger vers les lieux visés.

Plusieurs observateurs du terrain, notamment des journalistes ont signalé une impeccable organisation, comme on est avec un corps connu par sa discipline. Mais la population algérienne a démontré tant de bonnes pratiques.

Dès le début de matinée les citoyens de la capitale ont remarqué la présence de pompiers dans les rues, ce qui les a surpris. Aucune réserve, c’est une impressionnante marche qui dénote du haut niveau d’organisation. Le manifestant Algérien, qui depuis plus de deux ans conduit la protestation contre les incompétents et les corrompus dirigeants qui occupent les principaux postes, a acquis de l’expérience.

Les habitants d’Alger ont compris qu’ils sont venus de différentes localités et régions du pays et qu’ils préparaient une sortie syndicale. Face à l’ampleur de la manifestation, la police a été contrainte de dresser plusieurs cordons de sécurité tout au long de la marche, cherchant à la contenir, voire l’endiguer y compris par la répression aux moyens des outils anti-publics.

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