Grèves des travailleurs en plein hirak

En dépit de la répression, les grèves des salariés convergent avec le Hirak.

Une quinzaine de syndicats autonomes promettent une grève dès le 8 mai prochain, selon les secteurs. Les décideurs du gouvernement ne savent plus où donner de la tête, parce qu’ils recèlent les pires incompétences. Les pénuries et l’inflation se conjuguent en cette période de jeune, où les fuites en avant en religion, la répression dans les tribunaux et les reculs des droits à l’expression reviennent avec les pratiques de l’indécrottable régime. Ces arrêts de travail font la part belle au mouvement dit « Hirak » qui depuis deux années frappe le pavée pour chasser les tenants du régime de la décadence.

Dans plusieurs villes du pays, la grève des travailleurs du secteur de l’éducation se propage. Elle a commencé, mais c’est du 8 au 11 mai que l’appel est fait pour sa généralisation. C’est l’une des actions des plus surveillée par les autorités, car l’inactivité de l’école se répercutent d’abord sur le cadre familial. Puis elle touche la société en général du fait du faramineux nombre de personnes dans la corporation de l’enseignement. Et la présence des élèves dans la vie quotidienne est inévitable. Sa revendication sont les salaires. C’est au gouvernement d’y répondre, le ministère concerné n’y peut rien, car le budget est conséquent.

Le cas de la grève qui a touché la poste, lors d’une période sensible, où l’assèchement des numéraires laissait les salariés et les retraités sans revenus, les privant de leurs uniques ressources. Elle est édifiante sur l’ensemble de la gouvernance approximative et laissée aux mains d’incompétents. Elle a été subite, à la veille du mois des dépenses, celui du ramadan. Mais elle était aussi en retard du point de vue de la gabegie qui a perdurait, depuis bien des mois, dans ce circuit de la monnaie vital aux familles.

Au préalable, il faut savoir qu’aucun dialogue préalable n’est établi entre les personnels et les dirigeants des entreprises, du fait de l’absence totale de structures sociales pouvant les tenir. Alors que s’enflamme le front social, comment se présente la situation ? La question est posée à tous, car l’incertitude prédomine.

Dormant sur ses lauriers et endiguée par la bureaucratie, l’UGTA, frappée de moult lourdeurs démagogiques, cristallise le faux nationalisme qui recèle incompétence et corruption. Et lequel a moult copies, au sein des appareils convergents, pour tous les contextes où s’enlise toujours et davantage la qualité et le niveau de la vie en Algérie. Les patrons refusent que des syndicats s’organisent dans ce qui est leur propriété.

Il y a un an le raïs Tebboune décrète le SNMG (Salaire national minimum garanti) à 20 000 DA. Les analyses du corps social des travailleurs indique qu’il y a au moins six millions de salariés qui perçoivent une rémunération mensuelle de moins de 25 000 dinars. La statistique est officielle. Elle émane des impôts qui affirme que 11 millions de travailleurs perçoivent des revenus mensuels inférieurs à 30 000 dinars. Ils sont 45.5% de l’ensemble des salariés à être plafonnés à ce revenu.

Dans nombreuses unités du secteur privé qui est encore embryonnaire, mais néanmoins a trois millions d’employés sous-payés et sans droits qui travaillent dans des usines souvent menacées par la bureaucratie corrompue. C’est là que les trafics accompagnent l’incompétence, comme pour la faiblesse des recouvrements fiscaux, qu’on ne sait guère gérer ou réparer. Les responsables ne mettent pas les bons outils à la disposition des entrepreneurs.

A NUMILOG 114 travailleurs ont été licenciés, il s’agit d’une usine de CEVITAL (alias Rebrab). En juin 2020, le projet d’une section syndicale a valu aux initiateurs d’être exclus de leur travail. La direction a rejeté ce projet, le passage à une grève était la seule perspective. Alors que les démarches de l’inspection de travail sont restées vaines. Depuis l’affaire est au suspens, en dépit des PV de la médiation de la direction du travail. Les salariés ont été repris, mais pas les trois syndicalistes qui ont mené la revendication.

La protection civile que sont les pompiers sont aussi passés à l’action de suspendre leurs activités alors que la période du mois de jeûne et de la pandémie leur exige d’agir en tous moments et lieux. Leurs représentants ont été présentés à la TV afin de montrer que les autorités sont à leur écoute. L’augmentation de salaire a été encore plus consistante pour ce personnel d’un service public d e1er ordre.

Depuis plusieurs semaines des unités de diverses régions du pays étaient à l’arrêt à cause des grèves. Mais aussi bien les patrons propriétaires de certaines industries que les managers du secteur public ne répondaient aux doléances des travailleurs.

  • Dès le 25 avril, voici quelques exemples de grèves actuellement en plein déroulement :
  • Les services de la Protection civile en grève à l’échelle nationale, pour les salaires.
  • Personnel de la commune de Reghaia, améliorer les conditions de vie et de travail et les contrats de travail précaires pour des postes permanents.
  • Secteur de l’éducation, le ton est donné à Oran : protestation des professeurs, des directeurs et de tous les travailleurs.
  • Protestation des travailleurs de l’Office national de nettoyage de l’ONA de la wilaya de Mascara Ghris en raison du retard de leurs salaires.
  • Les travailleurs de la municipalité de Sidi Saada, à Relizane, en grève pour demander augmentation des salaires, les subventions pour bénéficier du logement social et rural et de la retraite sans conditions d’âge (32 ans de travail)…
  • Les travailleurs du complexe Haddad ETRHB (Oued Al-Samar) protestent à cause de leur souffrance qui a dépassé les deux ans et à cause de leurs salaires bloqués depuis plus de dix mois.
  • Les jeunes chômeurs Ouargla et de l’État continuent à protester périodiquement, en exigeant le travail et le départ du gang d’emploi et la responsabilité.

La révolte syndicale qui rejoint le Hirak, est la coalition que les dirigeants redoutaient en Algérie. Ce mois de mai semble concrétisait cette perspective.

2 réflexions sur “En dépit de la répression, les grèves des salariés convergent avec le Hirak.”

  1. Ping : La répression de la manifestation des pompiers, fait un test sur la foule. – Algérie-Infos-Critiques-Droits.

  2. Ping : Discrédit de l’armée contre les salariés, erreur politique hostiles aux vulnérables. – Algérie-Infos-Critiques-Droits.

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