CSOB et bourse en Algérie

En 2020, la justice a émis 37 demandes d’enquêtes à la surveillance de la bourse.

L’absence des billets de banque quand on a besoin, même pour survivre, est un symptôme des pratiques de l’économie de bazar en Algérie. C’est le signe majeur de la gabegie d’une gouvernance sans boussole, ni capitaine. Elle est vécue par les citoyens en l’absence d’argent dans les postes et banques.

L’une des pistes de blanchiment de l’argent de la corruption, relatif à celui obtenu de tiers pour service rendu en favoritisme ou de captation du denier public par les gestionnaires véreux, est la bourse. Transiter des fonds par la spéculation officielle et gérée par les institutions étatiques, leur donne une apparence différente en obtenant une source de provenance artificielle.    

L’évasion fiscale, le financement des cercles criminels dont ceux du terrorisme et d’autres activités illicites s’y nourrissent en brassant des deniers de l’économie informelle. Mais pire, la prédation de l’économie d’une manière complètement incontrôlable, dispose des milliards de dinars, là où végète cette délinquance de la bureaucratie.

Selon la COSOB, l’établissement de contrôle des opérations boursières en Algérie, qui a révélé dans son rapport d’activité de 2020, 37 cas de plaintes menant à des enquêtes, les requêtes sont d’ordre judiciaire. Il y a répondu en 3 jours, disent ses responsables.

Dernièrement, encore un bricolage du garde des sceaux Mr Zeghmati, le ministère de la justice a ordonné aux magistrats pour limiter leurs actions d’investigation et de poursuite. En les soumettant d’obtenir au préalable des autorisations pour leur mission de salubrité, moult questionnements posés chez les observateurs.

Le rapport indique que le nombre de compte-titres sont de l’ordre de 21.478. Pour l’année concernée, 2020, une trentaine s’est rajoutée, ce qui est stable depuis plusieurs années, montrant une stagnation. Proportionnellement il est donc établi l’équivalent de cinq compte-titres pour 10.000 Algériens. Ce qui est vraiment maigre, car les citoyens n’investissent pas en bourse mais thésaurisent du cash, avec des valises pleines de billets sous les lits. Alors que l’économie patauge et est au naufrage.

Il convient de préciser une définition d’un « compte-titre« , pour appréhender avec clarté ce sujet. Le comte-titre est simple. C’est le premier élément dans le dispositif permettant d’obtenir des valeurs mobilières sur le marché boursier. Il est lié à un compte-courant en espèces, domicilié généralement chez une banque. Il permet d’acheter et vendre des actions. Il n’a pas de plafond et il est possible d’en ouvrir que vous soyez individu majeur ou non ou bien personnalité morale.

L’exposé de COSOB rapporte qu’il y a onze IOB (Intermédiaires en opération de bourse) agréés. Ils sont d’office inscrits, ceux qui sont habilité en tant qu’agent financier ou investisseur. Deux sociétés de conseil, en l’occurrence la Sarl RMG Consulting Advice & Solution et le cabinet Grant Thonton Algérie, y sont aussi comme opérateurs. En 2020, aucune demande de sociétés de conseil pour être reconnues en qualité d’évaluateur de sociétés souhaitant s’introduire en bourse, n’a été reçue. Ils sont six, depuis 2013, à être inscrits pour cette prestation.

Le travail annuel des transactions boursières ayant des valeurs financières, est dominé par un seul IOB (Intermédiaire d’Opération en Bourse), il de BNP Paribas qui est non-seulement le plus ancien et ayant un portefeuille conséquent. Il détient à lui-seul 52% et est, depuis même l’existence de la bourse algérienne, leader de ce marché qui reste modeste. Suivi du CPA avec 20% puis par la BEA et la CNEP Banque avec 14% et 9% respectivement.

L’autorité surveillant la conformité des IOB a apporté donc dans sa dernière communication au public, à travers son dernier rapport annuel ci-dessus, relatif aux activités spéculatives de 2020. Il suggère clairement qu’il faut surveiller le blanchiment.

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