Après-pétrole, plus de crises et de paupérisation

L’après-pétrole : menace de faillite et de troubles civils.

La transition énergétique est critique pour le monde. Mais un multiplicateur de menaces pour les pays tributaires de l’exportation de pétrole. Car ils ont peu de capacités à diversifier leurs économies.

De 2014, année où eut lieu l’effondrement du prix du baril de pétrole, à l’avènement de la pandémie mondialisée, en 2019, la plupart des États producteurs de pétrole n’ont pas réussi à se diversifier. C’est le constat unanime de plusieurs analystes de la situation de certains pays où s’est aggravée la baisse des exportations, causant en conséquence l’épuisement des réserves de devises.

Les producteurs de pétrole les moins compétitifs seront de véritables victimes de la transition énergétique. Leur cauchemar des risques politiques est une inévitable évidence. Les alertes pleuvent alors que les énergies fossiles sont abandonnées par les industries comme celle du transport et pour toutes sortes de véhicules.

De nouveaux rapports diffusés par des organismes d’analyses et publiés ou commentés par les médias, sont on ne plus clairs. Les pays dépendants du pétrole qui ne se préparent pas à s’adapter à la transition mondiale vers les combustibles fossiles risquent leur propre stabilité.

L’Algérie, l’Irak et le Nigéria sont les plus vulnérables à « une vague d’instabilité politique au ralenti », selon les analystes des risques Verisk Maplecroft, avec sa dernière livraison. Cet organisme fréquemment cité pour la pertinence de ses publications a donné une idée implacable sur l’avenir incertain des pays pétroliers.

Cette analyse suggère que beaucoup, sinon la majorité, des producteurs de pétrole vont avoir du mal à se diversifier. En grande partie leur échec est dû à leur gouvernance. Parce qu’ils ne disposent pas des institutions économiques et juridiques, des infrastructures et du capital humain nécessaires à un passage, sans douleurs, vers l’avenir inéluctable.

Le Tchad et le Kazakhstan ont également été identifiés comme des pays à haut risque de bouleversements politiques alors que la transition énergétique engloutit leurs économies. Si pour certains pays les perspectives sont dans l’urgence, pour d’autres ils seront aussi frappés avec lenteur, en dépit qu’ils ne pourront guère se démettre de la fatalité. 

Les États ouest-africains d’Angola, du Gabon, du Congo, du Cameroun et de la Guinée équatoriale, avec « des systèmes politiques autocratiques ou semi-autocratiques fragiles », ont également été qualifiés de haut risque par les analystes. 

Les chercheurs ont examiné des facteurs tels que les coûts de rentabilité externes, la capacité des pays à se diversifier et la résilience politique. La situation est similaire à tous les États. Qu’ils soient ou non membres du cartel pétrolier de l’OPEP, la plupart des exportateurs ont augmenté leur production pour compenser les baisses de revenus. 

Les réserves de devises ont diminué, comme en Arabie saoudite, par exemple, qui a consommé près de la moitié de son stock de dollars de 2014. Le Nigéria et l’Irak ont ​​déjà dévalué leur monnaie, « rééquilibrant en fait leurs importations et leurs exportations au détriment du niveau de vie ».

Des pays qui ont tardé de prendre des mesures depuis 2014, année du début de la fin du pétrole, sont maintenant impactés par la pandémie du COVID-19. Rester immobiles est bien plus grave que tenter des choses qui ne réussissent. Car un échec crée une expérience. Et ne rien faire accentue l’inquiétude.

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